Deux histoires de prix se sont croisées ce mois-ci, et ensemble elles décident de ce que coûtera un sac d'aliment en Afrique de l'Ouest au premier trimestre de l'an prochain. Sur le marché mondial, la Pink Sheet de la Banque mondiale pour septembre affiche le tourteau de soja à 447 dollars la tonne, en hausse de dix pour cent en un mois et de près de vingt-cinq pour cent sur un an, tandis que le maïs se tient autour de 240 dollars la tonne, en hausse de vingt et un pour cent sur un an. Au Nigeria, c'est l'inverse côté production, où le prix du soja coté sur AFEX pour la nouvelle récolte est passé d'environ 863 nairas le kilo mi-septembre à moins de 600 nairas le quatorze octobre. La question n'est pas de savoir si les prix sont élevés, mais quand acheter, et où.
Pourquoi le prix mondial continue de monter
L'indice des prix alimentaires de la Banque mondiale s'établissait à 124,1 en septembre, près de seize pour cent au-dessus de l'an dernier. Les tourteaux protéiques mènent le mouvement, car marges de trituration, fret et demande soutenue des acheteurs asiatiques et latino-américains maintiennent des stocks serrés. Comme l'Afrique de l'Ouest importe une grande part de son tourteau de soja, de ses substituts de maïs et de ses matières premières en dollars, le prix mondial fixe le plancher de tout ce qu'une usine locale produit. Quand le prix en dollars monte sans que le naira ou le cédi se raffermisse, le coût rendu des importations grimpe plus vite que le chiffre annoncé.
Pourquoi la récolte locale courbe la trajectoire
Le Nigeria récolte l'essentiel de son soja entre octobre et décembre, et l'arrivée du nouveau grain fait toujours baisser les cours à la bourse. Cette année, la chute a été marquée, le prix spot du soja sur AFEX a perdu près d'un tiers de sa valeur en quatre semaines, passant d'un plateau proche de 863 nairas le kilo fin septembre à 537 nairas le treize octobre, avant de remonter à environ 598 le lendemain. La même pression saisonnière apparaît au Ghana, au Burkina Faso et dans le nord de la Côte d'Ivoire quand les achats passent des commerçants aux fermes. Le hic, c'est que cette récolte ne change rien au prix en dollars du tourteau importé, donc l'écart entre protéine locale et importée est maximal en ce moment.
Trois règles d'achat pour les semaines à venir
D'abord, achetez local quand la qualité le permet. Un soja de nouvelle récolte transformé dans une extrudeuse bien réglée, avec l'activité uréase contrôlée, coûte bien moins cher par unité de protéine que le tourteau importé, c'est donc la saison pour remplir le magasin plutôt que d'attendre un prix plus bas que la concurrence des exportateurs fera disparaître. Ensuite, achetez à terme ce qui se conserve. Le soja grain et le maïs se gardent des mois au sec, l'aliment fini non, donc contractez les matières premières en avance et gardez les commandes d'aliment en sacs courtes. Enfin, reformulez plutôt que de deviner. Quand le tourteau de soja est cher, les acides aminés de synthèse, le soja grain des mêmes récoltes locales et les enzymes modernes permettent de réduire l'incorporation de deux à quatre points sans perdre calibre d'œuf ni croissance.
Une fenêtre de récolte aussi favorable ne dure pas, et elle revient rarement une fois les achats à l'export lancés. Si vous souhaitez faire relire votre ration au regard des cours actuels du soja et du maïs, envoyez votre formule à notre équipe technique sur WhatsApp, nous vous montrerons où se trouvent les économies.