Pendant des décennies, nourrir les bovins en Afrique de l'Ouest a surtout consisté à pâturer, à utiliser les résidus de récolte et le peu de concentré qu'un éleveur pouvait mélanger à la main. Ce tableau change vite, et le dernier signe vient du Nigeria. Le dix septembre, le groupe agro-industriel Olam Agri a lancé une gamme d'aliments commerciaux pour bovins appelée Tru Value lors d'un événement dans l'État de Kaduna, en présence du ministre nigérian de l'Élevage, Idi Mukhtar Maiha. Pour qui observe l'économie de l'élevage dans la région, ce mouvement mérite qu'on s'y attarde.
La nouvelle gamme couvre trois produits destinés aux deux principales filières de ruminants. Tru Value Beef Pellet est conçu pour un gain de poids efficace et des cycles d'engraissement plus courts. Tru Value Beef Plus Pellet vise une croissance accélérée et la performance de finition, la phase qui décide de la valeur de la carcasse à l'abattage. Tru Value Dairy Pellet est formulé pour augmenter la production laitière et la productivité du troupeau. L'entreprise, qui produit déjà des aliments volaille et aquacole au Nigeria, indique que la gamme garantit une nutrition équilibrée et constante dans chaque sac, répondant aux plaintes habituelles des éleveurs face aux méthodes traditionnelles, à savoir l'inconstance et l'approvisionnement irrégulier.
Pourquoi cela compte-t-il au-delà du Nigeria ? Parce que l'entrée d'un grand producteur industriel dans l'aliment des ruminants signale la direction de la demande. Le Nigeria est l'un des plus grands marchés d'élevage d'Afrique, et son gouvernement pousse fort la modernisation du secteur, du nouveau ministère de l'Élevage aux travaux en cours sur la politique nationale de l'aliment et du fourrage. Quand une entreprise de cette taille investit dans les granulés pour bovins, elle parie que l'engraissement commercial et l'élevage laitier continueront de croître et que les éleveurs paieront pour une performance prévisible.
Pour les emboucheurs et les acheteurs d'aliment en Afrique de l'Ouest, cette tendance apporte des leçons concrètes. D'abord, l'aliment composé granulé n'est plus exotique pour les ruminants. Là où il est disponible, il permet un contrôle précis de l'énergie et des protéines pendant l'engraissement, ce qui détermine justement le gain quotidien et l'indice de consommation. Les éleveurs qui comparent des options doivent demander au fournisseur la composition analysée et la dose journalière recommandée par animal, puis juger les résultats en pesant les animaux plutôt qu'à l'œil.
Ensuite, le prix du sac n'est pas le coût par kilo de gain. Un mélange moins cher mais irrégulier en nutriments allonge souvent le cycle d'engraissement et grignote la marge. À mesure que les gammes commerciales se répandent, les éleveurs disposent d'une référence pour comparer leur propre fabrication.
Enfin, la concurrence est une bonne nouvelle pour les acheteurs. Plus de producteurs dans l'aliment bovin signifie généralement une distribution plus large, un meilleur appui technique et, à terme, des prix plus compétitifs.
Rien de tout cela ne remplace un bon fourrage, une eau propre, la santé du troupeau et des registres sérieux. Le concentré commercial est une composante d'un programme d'engraissement, pas un substitut magique à la conduite. Mais la direction est claire. L'élevage des ruminants en Afrique de l'Ouest se professionnalise, et c'est dans la nutrition que l'argent se gagne ou se perd.
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