Le Nigeria renforce la biosécurité contre la peste porcine africaine : ce que doivent faire les élevages porcins
Le Nigeria replace la biosécurité contre la peste porcine africaine (PPA) au premier rang des priorités de la filière porcine. Le 2 octobre 2026, le ministre de l'Élevage, Alhaji Idi Mukhtar Maiha, a lancé une campagne de contrôle de la PPA et de biosécurité au domaine porcin d'Oke-Aro, l'un des grands bassins de production porcine du pays, à cheval sur les États de Lagos et d'Ogun, et a commencé à distribuer des kits de biosécurité aux éleveurs.
Ce qui a été annoncé
La campagne est conduite par le Projet d'appui à la productivité et à la résilience de l'élevage (L-PRES). Selon le coordonnateur national du projet, le Dr Sanusi Abubakar, les kits comprennent des équipements de protection individuelle, des bottes, des pulvérisateurs à dos classiques et motorisés, des gants, des masques, des lunettes de protection et deux désinfectants, le CID 20 et le Virocid. Le programme ne s'arrête pas au matériel : L-PRES s'est aussi engagé à former les éleveurs porcins au nettoyage et à la désinfection des bâtiments, à l'usage correct des EPI, au contrôle des mouvements et à l'hygiène générale de la ferme. Pour le Dr Abubakar, distribuer le matériel doit aller de pair avec la transmission du savoir-faire nécessaire pour l'utiliser correctement. Oke-Aro a été choisi en raison de la forte concentration d'éleveurs et de porcs sur le site, et parce que ce domaine a connu par le passé de graves foyers de PPA. Le président de l'Association des éleveurs porcins du Nigeria, Adebowale Ayodeji, a qualifié la PPA de défi majeur pour la filière et a appelé les éleveurs à désinfecter régulièrement et à contrôler les mouvements de personnes, de porcs, de véhicules et de matériel entre les fermes.
Pourquoi cela concerne toute la région
La PPA est une maladie virale très contagieuse qui ne touche que les porcs. Il n'existe ni vaccin ni traitement, et la mortalité dans un cheptel non protégé peut atteindre 70 pour cent, parfois 100 pour cent dans certains groupes. Le virus n'infecte pas l'homme : le risque est donc purement économique, mais pour une ferme, ce risque est total. La pression est continentale plutôt que locale. Lors de la Foire internationale de Nairobi, du 28 septembre au 4 octobre 2026, les organisateurs ont volontairement exclu les porcs de la section élevage pour éviter la propagation de la maladie, et les services vétérinaires kényans ont signalé des cas dans plusieurs comtés cette année, avec plus de 1 400 porcs malades ou morts dans un seul foyer. Le Nigeria a adopté en avril son Plan directeur de l'élevage 2026-2040 et développe sa production porcine : la biosécurité est donc l'assurance la moins chère que la filière puisse s'offrir.
La biosécurité PPA en pratique sur votre ferme
1. Une seule entrée, un seul pédiluve. Gardez un point d'accès unique et contrôlé, avec un bac désinfectant fonctionnel, des bottes propres et une tenue de rechange. Renouvelez la solution désinfectante selon le protocole, car un pédiluve sale donne une fausse sécurité.
2. Contrôlez les personnes, les véhicules et le matériel. Camions de livraison, motos, vendeurs d'aliments et visiteurs sont les principaux vecteurs. Chargez et déchargez au portail et n'autorisez jamais un véhicule extérieur à pénétrer dans la zone des porcs.
3. N'utilisez jamais de restes de cuisine ou de restaurant. L'alimentation aux déchets est l'une des voies d'introduction classiques. Faites cuire correctement tout ingrédient non conventionnel et achetez l'aliment composé auprès d'un fournisseur dont le procédé est traçable.
4. Mettez les nouveaux animaux en quarantaine au moins 30 jours. Achetez vos reproducteurs auprès d'une source connue, avec des documents sanitaires, et isolez-les physiquement avant de les mélanger au troupeau.
5. Après un foyer, nettoyez, désinfectez et attendez. Repeupler trop tôt est l'erreur la plus coûteuse. Les recommandations vétérinaires de la région sont de vider, nettoyer, désinfecter et laisser le bâtiment vide au moins six mois avant l'arrivée de nouveaux porcs.
6. Soutenez les animaux que vous gardez. Des porcs en bon état nutritionnel résistent mieux à toutes les contraintes : un apport correct en minéraux et vitamines, une eau propre et une ingestion régulière n'arrêtent pas la PPA, mais ils limitent la pression des autres maladies et protègent la croissance.
La biosécurité est une habitude quotidienne, pas une campagne ponctuelle. Si vous profitez de votre plan sanitaire pour revoir vos spécifications nurserie et engraissement, notre équipe technique vous aide par WhatsApp à vérifier les taux de minéraux, de vitamines et d'additifs de votre ration actuelle.